Biber (castor, beaver)


 
castor: n. m. Mammifère rongeur, de la famille des castoridés.
 
Le représentant type de cette famille, voire l'unique de l'avis de certains auteurs, est Castor fiber. Inféodé au milieu aquatique, le castor vit sur les rives des ruisseaux et des lacs forestiers de l'Europe (sauf en Europe du Sud) et de l'Amérique du Nord (on considère parfois que l'espèce présente en Amérique est différente, elle est alors appelée Castorcanadensis).
 
Biber castor beaver Biber castor beaver
  Biber castor beaver  
Biber castor beaver   Biber castor beaver
     
Description anatomique
Avec sa tête globuleuse au museau court, ses formes trapues - il mesure en effet 1 m de long pour un poids de 12-15 kg, ce qui en fait le plus gros rongeur d'Europe -, son pelage brun-roux, très épais sous le ventre, il est aisément reconnaissable. Toutefois, l'élément le plus caractéristique de la silhouette est indubitablement la queue. Longue de 30 à 40 cm, large de 15 cm environ, elle est recouverte d'écailles, et sa forme aplatie en fait un atout précieux pour cet excellent nageur, puisqu'elle fait office de rame et plus souvent encore de gouvernail. Les membres sont courts ; les pattes de devant, particulièrement petites, sont des organes préhensiles griffus. Les pattes de derrière portent des palmes réunissant les cinq orteils pourvus de griffes solides. Ces palmes sont l'indice d'une remarquable adaptation à une existence aquatique, adaptation dont le haut degré est encore attesté par la présence de valvules obturant les conduits auditifs et les narines pendant la plongée (qui peut durer 15 à 20 min) ; la bouche, également, se ferme en arrière des incisives, cette configuration anatomique particulière permettant à cet infatigable rongeur de s'activer sous l'eau sans risque de se noyer.
Exclusivement herbivores, les castors, qui n'ont que vingt dents (formule dentaire : I 1/1 ; C 0/0 ; Pm 1/1 ; M 3/3 × 2 = 20), affectionnent tout particulièrement les écorces et les pousses des arbres feuillus grandissant au bord de l'eau (saules et peupliers surtout), ainsi que nombre de végétaux aquatiques. Ils saisissent ces aliments entre leurs pattes avant et, pour les déguster, s'asseoient sur leur queue.
 
Des animaux bâtisseurs
C'est surtout pour leurs talents de constructeurs que ces animaux sont célèbres. Ils vivent parfois (en France, par exemple) dans de simples terriers, creusés dans les berges, dont l'entrée est sous l'eau. Mais ils sont capables aussi de construire des maisons individuelles complexes, les huttes, et de procéder à des travaux collectifs destinés à aménager préalablement les sites qu'ils ont choisi d'habiter en fonction de leurs besoins. C'est ainsi que, avec des troncs d'arbres abattus et laborieusement traînés à plusieurs sur les lieux d'utilisation, avec des branches débitées en morceaux de diverses longueurs et entrelacées, des pierres et de l'argile colmatant les interstices, ils édifient des digues, pendant la nuit. Rectilignes ou convexes selon la force du courant, ces constructions atteignent jusqu'à 40 m de large et 500 m de long ; on cite même le cas, sur la rivière de Jefferson, aux États-Unis, d'un tel barrage, élevé sur une longueur totale de 700 m ! Par un ralentissement du cours d'eau, dont le niveau s'élève corollairement, ces digues permettent la réalisation d'un étang artificiel dans lequel les castors établissent leurs huttes, et bientôt ce plan d'eau est parsemé de dômes massifs, sans orifice apparent, qui émergent de 0,70 m à 2 m au-dessus de la surface. Mesurant environ 5 m de diamètre, la maison est faite d'un enchevêtrement de branchages dont un mélange de glaise et de feuilles mortes assure la cohésion. Desservant la spacieuse chambre intérieure, deux galeries, l'une étroite et l'autre large, s'enfoncent obliquement sous l'eau. Les animaux empruntent la première pour aller et venir ; quant à la seconde, elle est réservée à l'introduction, l'hiver, des morceaux d'arbres prélevés dans les réserves amassées sous l'eau à proximité de la hutte. C'est, en effet, calfeutrée dans sa maison que la famille castor passe la mauvaise saison, et ses besoins alimentaires sont largement prévus, puisque les provisions peuvent être de l'ordre d'une centaine d'arbres de 8 à 35 cm de diamètre. Les peupliers, particulièrement, sont mis à contribution, et on estime qu'un castor coupe de 200 à 300 petits peupliers par an. Il peut sectionner des arbres atteignant 20 cm de diamètre en une nuit, mais s'attaque le plus souvent à des branches de 2 à 4 cm de diamètre.
 
Reproduction
À trois ou quatre ans, les castors atteignent leur maturité sexuelle. Ils marquent leur territoire avec le castoreum, produit de sécrétion de glandes, à l'odeur nauséabonde (qui sert aussi à graisser le pelage pour le rendre imperméable). La période de reproduction est marquée de combats féroces au cours desquels se défient les mâles adultes. L'accouplement, qui a lieu entre janvier et mars, se fait dans l'eau ou sur la terre ferme. Les castors sont monogames ou polygames, et une société est constituée de l'association de plusieurs familles bien individualisées. Après une gestation de 105-107 jours, la femelle met bas de deux à cinq petits, qu'elle allaite pendant deux mois. Les jeunes ne quittent les parents qu'à l'âge de deux ans.
 
Les populations de castors

Les effectifs des castors, autrefois nombreux, ont subi au cours des siècles une diminution dramatique. Ainsi, sur l'Ancien Continent, ils ont été pratiquement anéantis dans la seconde moitié du siècle dernier, et il n'en subsiste plus que quelques populations isolées. En Amérique du Nord, la population de castors, forte de 60 à 100 millions d'individus en 1600, se trouvait être, en 1900, quasi inexistante ! De cet amenuisement catastrophique est responsable la chasse inconsidérée dont ces animaux ont été l'objet à cause de leur fourrure, employée dans la confection de toques, de cols, voire de manteaux, et également - cette motivation étant toutefois sans commune mesure avec la précédente - à cause de leur chair, fort estimée autrefois. Aujourd'hui, grâce aux mesures de protection de l'animal et de son milieu de vie, les effectifs se sont stabilisés en Europe. En France, le castor a reconquis une grande partie du bassin du Rhône et a été réintroduit en divers points (sur la Loire, la Marne, le Tarn, en Alsace et en Bretagne, par exemple). On recense aujourd'hui un millier d'individus, environ, contre seulement cent à la fin du XIXe siècle.

 
Source texte:
www.webencyclo.com/articles/articles.asp?IDDoc=0000080b
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